Le Sentier

E. Folville

Au temps des muguets et des églantines,

Quand s'epanouit la douceur de Mai,

Quand le bois s'emplit des chansons mutines

Des nids que l'écho répète charmé;

O petit sentier caché sous les branches,

Que de fois je t'ai parcouru joyeux!

La sérénité des aurores blanches

N'éclairait pas moins mon cœur que mes yeux.

En moi fleurissait la jeune espérance,

Sur moi je sentais se lever le jour;

Mon âme écoutait, émue, en silence,

Le mysterieux eveil de l'amour...

Où t'égares-tu, ma pauvre pensée?

C'est si court, hélas! un bonheur humain!

Je reconnais bien les fleurs du chemin,

Mais j'ai le cœur sombre et l'ame blessee.