Ah ! Longues nuicts d'hyver
F. Lopes-Graça
Ah longues nuicts d'hyver, de ma vie bourrelles,
Donnez moy patience, et me laissez dormir,
Vostre nom seulement et suer et fremir
Me fait par tout le corps, tant vous m'estes cruelles.
Le sommeil tant soit peu n'esvante de ses ailes
Mes yeux tousjours ouvers, et ne puis affermir
Paupiere sur paupiere, et ne fais que gemir,
Souffrant comme Ixion des peines eternelles.
Vielle umbre de la terre, ainçois l'umbre d'enfer,
Tu m'as ouvert les yeux d'une chaisne de fer,
Me consumant au lict, navré de mille pointes:
Pour chasser mes douleurs ameine moy la mort:
Ha mort, le port commun, des hommes le confort,
Viens enterrer mes maux, je t'en prie a mains jointes.