Hymne

F. Martin

Une âme nouvelle m'entraîne

Dans les antres sacrés, dans l'épaisseur des bois;

Et les monts entendront ma voix,

Le vent l'emportera vers l'étoile sereine.

Évan! Ta prêtresse, au réveil,

Imprime ses pieds nus dans la neige éternelle;

Évan! J'aime les monts comme elle,

Et les halliers divins ignorés du soleil.

Dieu des naïades, des bacchantes,

Qui brises en riant les frênes élevés,

Loin de moi les chants énervés:

Les cœurs forts sont à toi, dieu couronné d'acanthes!

Évohé! Noirs soucis, adieu.

Que votre écume d'or, bons vins, neuf fois ruisselle,

Et le monde enivré chancelle,

Et je grandis, sentant que je deviens un dieu!