Invocation pour la fête de la patrie

F. Schmitt

Ici, devant les merveilles

Aux œuvres d'un dieu pareilles

Que par ses bras et ses veilles

Fait surgir le genre humain,

Oh! mes sœurs! mes sœurs! quel rêve

De sublime et douce trêve

Comme une aube en nous se lève!

Paradis réel demain

Si, sevrés de sang, de larmes,

Allégés du poids des armes,

Les peuples, libres d'alarmes,

Marchaient la main dans la main.

En la cité tutélaire qui le nourrit et l'éclaire,

So chacun sentait sa mère

Et l'embrassait à sa tour,

S'il savait se reconnaître

Dans les soupirs qu'il pénètre,

N'ayant plus qu'à laisser naître

La justice de l'amour!

Ce beau rêve la tourmente:

Que dans sa poitrine ardente

La France le couve et tente

De le faire éclore au jour!