Automne
Fauré
Automne au ciel brumeux, aux horizons navrants,
Aux rapides couchants, aux aurores pâlies,
Je regarde couler, comme
l'eau des torrents
Tes jours faits de mélancolies
Sur l'aile du regret
mes esprits emportés,
-- Comme s'il se pouvait que notre âge renaisse ! --
Parcourent, en rêvant, les coteaux enchantés
Où jadis sourit ma jeunesse.
Je sens, au clair soleil du souvenir vainqueur,
Refleurir en bouquet les roses deliées
Et monter à mes yeux des larmes, qu'en mon cœur,
Mes vingt ans avaient oubliées !