Prologue - Fanfares - Marche et chœur
Fauré, Gabriel
Nous sommes les Heures guerrières
Qui présidons aux durs travaux.
Quand Bellone ouvre les barrières,
Quand César marche à ses rivaux,
Notre cohorte échevelée
Pousse dans l'ardente mêlée
La ruse fertile en détours;
Et sur la plaine, vaste tombe
Où la moisson sanglante tombe,
Souriant à cette hécatombe,
Nous planons avec les vautours.
Nous sommes des Heures heureuses
Par qui le Plaisir est conduit;
Quand les étoiles amoureuses
Percent le voile de la nuit,
Près de la beauté qui repose,
Œil entr'ouvert, bouche mi-close,
Vers un lit parfumé de rose,
Nous guidons César et l'Amour.
Et, là, nous demeurons sans trêve
Jusqu'au moment où, comme un rêve,
L'Aube naissante nous enlève
Sur le premier rayon du jour.