Adieu

Fauré, Gabriel

Comme tout meurt vite, la rose

Déclose,

Et les frais manteaux diaprés

Des prés;

Les longs soupirs, les bienaimées,

Fumées!

On voit dans ce monde léger

Changer,

Plus vite que les flots des grèves,

Nos rêves,

Plus vite que le givre en fleurs,

Nos coeurs!

À vous l'on se croyait fidèle,

Cruelle,

Mais hélas! les plus longs amours

Sont courts!

Et je dis en quittant vos charmes,

Sans larmes,

Presqu'au moment de mon aveu,

Adieu!