Toujours
Fauré, Gabriel
Vous me demandez de me taire,
De fuir loin de vous pour jamais
Et de m'en aller, solitaire,
Sans me rappeler qui j'aimais!
Demandez plutôt aux étoiles
De tomber dans l'immensité,
À la nuit de perdre ses voiles,
Au jour de perdre sa clarté!
Demandez à la mer immense
De dessécher ses vastes flots
Et quand les vents sont en démence,
D'apaiser ses sombres sanglots!
Mais n'espérez pas que mon âme
S'arrache à ses âpres douleurs
Et se dépouille de sa flamme
Comme le printemps de ses fleurs!