La dernière rose de l'été

G. Alary

De l'été la dernière rose

Est épanouie à mes yeux,

Seule elle reste fraîche éclose,

Seule elle parfume ces lieux.

Mais au près de rose si belle

L'Aquilon succède au zéphyr,

Et nul bouton ne vient près d'elle,

Lui rendre soupir pour soupir.

Sur une tige solitaire

N'attends pas un trop long trépas;

Rose, tes sœurs jonchent la terre

A leur destin ne survis pas.

Ah! plutôt qu'une main amie

Effeuille cette douce fleur

Sur les lieux où rose chérie

Git sans parfum et sans couleur.

Moi, je voudrais aussi te suivre,

Quand j'aurai perdus mes amis,

Quand de l'amour qui nous enivre

Les feux seront évanouis.

Par un lieu de sympathie

Si mon cœur n'est pas captivé,

Que je sois aux champs de la vie

La dernière fleur de l'été.