Le baiser

G. Dupont

La salive de tes baisers sent la dragée

Avec je ne sais quoi d'une épice enragée,

Et la double saveur se confond tellement

Que j'y mange à la fois du sucre et du piment.

C'est dans le même instant l'eau courante et la braise;

C'est plus chaud qu'un alcool et plus frais qu'une fraise;

Et ton souffle s'y mêle et me monte au cerveau

Comme le vent du soir grisé de foin nouveau.