Créole
G. Grovlez
La sieste, à la varangue aux stores entr'ouverts,
Ayant fait dans sa chair une chaude morsure,
Ses longs cils palpitaient et voilaient des éclairs,
L'air tiède était sucré d'odeur de mangue mûre.
Debout, les reins cambrés et les seins découverts,
Pour tasser sur son front sa lourde chevelure,
Elle jeta soudain, sur le fond bleu des mers,
La ligne de ses bras, harmonieuse et pure.
Ni le myrte odorant, ni le sombre cyprès:
Des arbres inconnus, aux feuillages épais,
Sur qui rejaillissait le soleil de l'Afrique.
Mais nos yeux croyaient voir, dans un cadre pareil:
Une mer aussi bleue et le même soleil,
S'animer des contours de figurine antique.