Sommeil

G. Hüe

Voici l'heure où la vie s'enveloppe de rêve

Où les mains de la nuit ferment les yeux lassés

Et posent du mystère à l'aile des pensers;

Sur l'âme des étangs, la lune bleue se lève,

Ton beau front, vers mon cœur, doucement s'est penché

Le rythme de ton souffle à peine le soulève

J'ai peur d'unir encor mes lèvres à tes lèvres

Car je t'adore ainsi qu'une divinité…

Des frissons de vent frais meurent dans tes cheveux

Des vagues de parfums sur ton sommeil heureux

Viennent languissamment épuiser leur caresse;

Au loin chante la voix d'une fontaine en pleurs

Des nymphes épuisées s'allongent dans les fleurs

Et je sais le secret du rêve qui te berce