Sonnets à Orphée

G. Marghieri

Nous percevons depuis tant les fontaines.

Qui ont pour nous le son presque du temps.

Mais qui vont bien plutôt du même pas

Que l'éternité, l'éternelle en marche.

L'eau est une étrangère et l'eau est tienne,

d'ici en n'étant pas pourtant d'ici.

Pour un instant c'est toi qui es la vasque

et c'est l'eau qui reflète en toi les choses.

À quel point tout cela est loin et proche,

toujours dévoilé, toujours ignoré,

insensé et plein d'un sens.

À toi d'aimer ce qui t'est inconnu.

Ce qui, ce sentiment à toi donné,

te le prend et l'arrache et l'emporte. Où?