Le chat

G. Marrannes

Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux;

Retiens les griffes de ta patte,

Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux

Mêlés de métal et d'agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir

Ta tête et ton dos élastique,

Et que ma main s'enivre du plaisir

De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit; son regard,

Comme le tien, aimable bête,

Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

Et, des pieds jusques à la tête,

Un air subtil, un dangereux parfum,

Nagent autour de son corps brun.