Le Tombeau des deux amants

Spontini, Gaspare

Asile auguste et révéré,

Quel homme osa dans sa furie

Briser ce monument sacré

Et troubler ta sainte harmonie?

Victimes d'un cruel destin

Qui reposez sous cet ombrage,

Ah! ne craignez pas que ma main

Vous prépare un nouvel outrage.

Dormez en paix, pauvres enfants,

Dormez sur ces tranquilles rives.

Je viens par de funèbres chants

Honorez vos ombres craintives.

Oui, je viens d'un devoir pieux

Vous rendre ici le juste hommage

Et par mes chants religieux

Sanctifier ce lieu sauvage.

Dieu, juste Dieu réparateur,

Ah! jette un regard de clémance

Sur ce monument du malheur,

De l'amour et de l'innocence.