A sa maîtresse

G. Witkowski

La Lune est coustumiere

Renaistre tous les mois

Mais quand notre lumiere

Sera morte une fois,

Longtems sans reveiller

Nous faudra sommeiller.

Tandis que vivons ores,

Un baiser donne moy,

Donne m'en mille encores,

Amour n'a point de loy,

A sa grand deité

Convient l'infinité.

Ah vous m'avéz maitresse

De la dent entamé,

La langue chanteresse,

De vostre nom aymé:

Quoy? est-ce la le pris

Du labeur qu'elle a pris?

Elle, qui voz louanges

Dessus le Luth vantoit,

Et aux peuples estranges

Voz merites chantoit,

Ne faisant l'air si non

Bruyre de votre nom.

De voz tetins d'Ivoyre

Joyaux de l'Orient,

Eternisoit la gloyre,

Et de votre œil friant

Pour la recompenser

La faut il offenser?

Las! de petite chose

Je me plain durement,

La playe en l'ame enclose

Me cuit bien autrement

Que ton œil m'y laissa

Le jour qu'il me blessa.