Agonie au jardin

H. Andriessen

Ses compagnons endormis dans l'ombre;

Son Père au ciel et se refusant;

Un vide affreux où l'amour succombe;

Pas un oiseau dans l'arbre tremblant...

N'y a-t-il donc que Jésus qui veille

Dans la prison d'une nuit sans fin?

Qu'un abandon, le sein? Qu'une oreille

En vain tendue aux voix du matin?

Dans sa maison, la fenêtre ouverte

Sur la colline qui fut si verte

À comtempler, au temps du bonheur,

La Mère aussi souffre l'agonie

Du Fils absent que son Père oublie

Et doit garder pour elle ses pleurs.