Chanson d'hiver
H. Badings
Sur ma tête, sur mes mains,
Sur les herbes,
Le fourmillement menu
De la pluie
Depuis deux jours dure, dure.
Et continuera demain.
Mais dans l'air déjà moins froid,
Ce soupir?
Mais cette clarté soudain,
Ce signal
Qui se glisse entre les arbes
Comme le regard d'une aube?
Quel doigt pitoyable écarte
Un instant
Les voiles accumulés
De l'hiver?
C'est pour consoler la terre
Et les pierres;
C'est pour les sentiers, c'est pour
Les bruyères.
C'est pour les bouleaux et c'est
Pour mon cœur.
Deux oiseaux l'un après l'autre,
Comme en rêve,
Font: il viendra, il viendra,
Le printemps!
Pose donc un peu ta charge
Et sans la quitter des yeux
Détends-toi, soupire et chante,
Sens-toi jeune.