Ce sont de grandes lignes paisibles

H. Collet

Ce sont de grandes lignes paisibles qui se confondent

tantôt avec le ciel, tantôt avec la terre.

Elles n'apportent plus à mon cœur solitaire

cette paix d'autrefois que je croyais profonde.

Ainsi va s'en aller le charme des vallées;

Ainsi va s'en aller le charme de mon cœur.

Qu'aurai-je regretté? Peut-être la douleur,

peut-être la douleur qui s'en est en allée.

Les coups d'un bûcheron sont sourds dans le coteau.

L'aulne mâle fleurit. Le printemps va venir.

Mais, cette fois, mon Dieu, ni rêve ni soupir

ne passent dans le vent sur cette flaque d'eau.