De Vincent à Théo...

H. Dutilleux

...Tant que durera l'automne, je n'aurai pas

assez de mains, de toile et de couleurs pour

peindre ce que je vois de beau.

...J'ai un besoin terrible de religion. Alors, je

vais la nuit, dehors, pour peindre les étoiles.

Sentir les étoiles et l'infini, en haut, clairement,

alors, la vie est tout de même presque

enchantée.

...Tout et partout, la coupole du ciel est d'un bleu

admirable, le soleil a un rayonnement de soufre pâle et

c'est doux et charmant comme la combinaison des

bleus célestes et des jaunes dans les Vermeer de Delft.

Malheureusement, à côté de soleil du Bon Dieu il y a,

trois quarts du temps, le Diable Mistral.

Dans mon tableau «café de nuit», j'ai cherché à exprimer

que le café est un endroit où l'on peut se ruiner, devenir fou,

commettre des crimes. Enfin, j'ai cherché par des

contrastes de rose tendre et de rouge sang et lie de vin,

avec les verts-jaunes et les verts-bleus durs, tout cela dans

une atmosphère de fournaise infernale, de soufre pâle, à

exprimer comme la puissance des ténèbres d'un assommoir.