Je porte sur moi ton image

H. Panizza

Je porte sur moi ton image

Ainsi qu'autrefois le Roi Mage

Portait les parfums précieux,

L'encens, la myrrhe, la cinname

Et je sens brûler dans mon âme

Le désir infini des cieux.

Un rêve divin m'environne:

Ta beauté sous mes yeux rayonne

Comme le seuil d'un Paradis.

Devant elle mon genou plie

Et, tremblant, en elle j'oublie

Les jours malheureux et maudits.

C'est bien toi, c'est ta noble face,

Tes yeux dont le regard efface

Tout rayon et toute clarté!

C'est toi, ma lumière et ma vie,

La splendeur qu'avait poursuivie

Mon rêve toujours indompté

Salut, ô brune chevelure,

Chères lèvres dont la brûlure

Descend jusqu'au fond de mon coeur,

Poitrine auguste dont l'haleine

Verse, comme une couple pleine,

Dans ma gorge un poison vainqueur!