Stances
I. Fuerison
Bien des fois, sur mon casque et sur ma cotte de mailles,
j'ai entendu, impassible, le choc des flèches et des sabres,
mais je ne peux entendre, sans tressaillir,
le bruissement léger de sa robe.
Bien des fois, au plus fort des mêlées,
j'ai entendu avec indifférence les fanfares de l'ennemi,
mais je ne peux entendre, sans pleurer, la musiquede ses chansons.
Bien des fois, d'une main ferme, j'ai étanché le sang de mes blessures,
mais je ne peux regarder, sans trembler, la rouge fleur de sa bouche.
Bien des fois, en souriant, j'ai défiédes combattants redoutables,
mais toute la vie de mon corps s'arrête,
quand elle m'ouvre ses bras dans l'ombre.