Le nénuphar

J. Absil

L'automne attriste la rivière

Où le dernier des nénufars

Sous les longs nuages blafards

Regarde mourir la lumière.

Un beau poisson d'or et d'argent

Frôle un instant la fleur tardive;

Puis sa caresse fugitive

S'éloigne avec le flot changeant.

Ô soir d'automne! Ô fleur pâlie!

Ô triste et suprême langueur!

L'ami nouveau qui prit mon cœur

M'abandonne et déjà m'oublie.