Je dors, et mon coeur veille

J. Barraqué

Je dors, et mon cœur veille :

j'entends la voix de mon bien-aimé qui frappe à ma porte :

Ouvrez-moi, ma sœur, mon amie, ma colombe,

vous qui êtes sans tache ;

parce que ma tête est pleine de rosée,

et mes cheveux des gouttes d'eau qui sont tombées pendant la nuit.

Mon bien-aimé a passé sa main par l'ouverture de la porte,

et mes entrailles se sont émues au bruit qu'il a fait;

Je me suis levé pour ouvrir à mon bien-aimé.

J'ai ouvert à mon bien-aimé;

mais il s'en était déjà allé, et il avait passé ailleurs.

Mon âme s'était comme fondue au son de sa voix :

je l'ai cherché, et ne l'ai point trouvé ;

je l'ai appelée, il ne m'a point répondu.

Les gardes qui font le tour de la ville m'ont rencontrée :

ils m'ont frappée et blessée.

Ceux qui gardent les murailles m'ont ôté mon manteau.

Je vous conjure, filles de Jérusalem,

si vous trouvez mon bien-aimé,

de lui dire que je languis d'amour.