C'est toi

J. Daetwyler

Toi, à qui je ne confie pas

mes longues nuits sans repos,

Toi qui me rends si tendrement las,

me berçant comme un berceau;

Toi qui me caches tes insomnies,

dis, si nous supportions

cette soif qui nous magnifie,

sans abandon?

Car rappelle-toi les amants,

comme le mensonge les surprend

à l'heure des confessions.

Toi seule, tu fais partie de ma solitude pure.

Tu te transformes en tout: tu es ce murmure

ou ce parfum aérien.

Entre mes bras: quel abîme qui s'abreuve de pertes.

Ils ne t'ont point retenue, et c'est grâce à cela, certes,

qu'à jamais je te tiens.