Nuit d'été

J. de Fontenailles

Dans l'allée assombrie où je passais le soir,

L'air était plein d'un vol léger de lucioles,

Et parfois on eût dit que des étoiles folles

Pleuvaient du ciel en feu sur le feuillage noir.

Dans quelque îlot perdu des mers orientales,

Ici même, pourquoi n'avons nous pas grandi,

Et que n'avons-nous vu, sous ce ciel attiédi,

Les fleurs de nos amours entr'ouvrir leurs pétales?

Que n'avons-nous aimé pour la première fois,

Par une de ces nuits merveilleuses et calmes,

Où les sombres palmiers bercent leurs grandes palmes

Sous un vent d'est plus doux qu'un soupir de hautbois?