Printemps

J. Faure

Sous le dôme des buissons verts,

Dans les petits sentiers couverts,

Les doux mimosas entr'ouverts

Levaient la tête;

Et leurs parfums délicieux,

Qui montaient légers vers les cieux,

Donnaient au bois silencieux

Un air de fête.

En sentant les parfums ambrés

Des jolis mimosas dorés,

Les oiselets tout enivrés

Perdaient la tête;

Ils roucoulaient comme des fous,

Et leurs chants, tant ils étaient doux,

Donnaient au vieux bois plein de houx

Un air de fête.

En entendant les chants joyeux

Des oiselets insoucieux,

Le soleil un peu curieux,

Montra sa tête;

Et ses clairs rayons qui, sournois,

Se faufilaient en tapinois

Sous les feuilles, donnaient au bois

Un air de fête.

Or, le soleil et ses ardeurs,

Le chant des oiseaux gazouilleurs,

Et l'arome troublant des fleurs

Mirent ma tête

Si complètement à l'envers,

Que j'écrivis ces quelques vers

Pour dire que les sentiers verts

Étaient en fête.