Nuit d'été

J. Hétu

Le violon, d'un chant très profond de tristesse,

Remplit la douce nuit, se mêle au sondes cors;

Les Sylphes vont pleurant comme une âme en détresse

Et les coeurs des grands ils ont des plaintes de morts.

Le souffle de Veillant anime chaque feuille,

Le rameau se balance en un rythme câlin,

Les oiseaux sont rêveurs, et sous l'oeil opalin

De la lune d'été, ma douleur se recueille.

Au concert susurré que font sous la ramure

Les grillons, ces lutins en quête de sabbat,

Soudain a résonné toute, ne mon coeur qui bat.

La grande majesté de la Nuit qui murmure

Dans les cieux alanguis un ramage lointain,

Prolongé jusqu'à l'aube humide du Matin.