Elle était venue sur les marches tièdes

J. Ibert

Elle était venue sur les marches tièdes

Et s'était assise

Sa tête gentille était inclinée

Un peu de côté

Ses mains réunies étaient endormies au creux de sa jupe

Et elle croisait ses jambes devant elle

L'un des pieds menus pointant vers le ciel

La la la la

La la la la la

La la la la

Il dût le frôler ce pied pour passer

Et il dût la voir

Il vit son poignet qui donnait envie

D'être à côté d'elle dans les farandoles

Où l'en est tiré où il faut qu'on tire

Plus qu'on oserait

Et il vit la ligne de son épaule

Qui donnait envie de l'envelopper dans un tendre châle

Mais le désir lui vint de regarder sa bouche

Et ce fut le départ de tout

Mais le besoin lui vint de rencontrer ses yeux

Et ce fut la cause de tout.