Genièvres hérissés
J. Leguerney
Genièvres hérissés, et vous, houx épineux
L'un hôte des déserts, et l'autre d'un bocage;
Lierre, le tapis d'un bel antre sauvage,
Sources qui bouillonnez d'un surgeon sablonneux;
Pigeons qui vous baisez d'un baiser savoureux
Tourtres qui lamentez d'un éternel veuvage.
Rossignols ramagers qui d'un plaisant langage
Nuit et jour rechantez vos versets amoureux;
Vous, à la gorge rouge, étrangère arondelle.
Si vous voyez aller ma Nymphe en ce printemps
Pour cueillir des bouquets par cette herbe nouvelle,
Dites-lui pour néant que sa grâce j'attends,
Et que, pour ne souffrir le mal que j'ai pour elle,
J'ai mieux aimé mourir que languir si longtemps.