Sur la mort de Diane

J. Leguerney

Comme on voit parmi l'air un éclair radieux

Glisser subtilement et se perdre en la nue,

Cette âme heureuse et sainte, aux mortels inconnue,

Coula d'un jeune cœur pour s'envoler aux cieux.

Mon penser la suivit, au défaut de mes yeux,

Jusqu'aux voûtes du ciel tout clair de sa venue,

Et voit qu'en tant de gloire où elle est retenue,

Elle a deuil que je sois encore en ces bas lieux.

Mais tu n'y seras guère, ô déesse! à m'attendre,

Car je n'étais resté que pour cueillir ta cendre,

Et ta mémoire sainte orner comme je dois;

Maintenant que j'ai fait ce devoir pitoyable,

Las de pleurer, de vivre et d'être misérable,

J'abandonne la terre et vole auprès de toi.