Nuit d'été

J. Leguerney

Lune de cuivre -- Parfums lourds...

Comme des lampes sous un dôme,

Les astres brûlent, l'heure embaume;

Des fleurs dorment dans le velours.

L'âme en langueur des jardins sourds

Exhale d'étouffants arômes.

L'eau des porphyres polychromes

Dans les bassins pleure toujours.

Nulle ombre de feuille qui bouge...

Seule, ta lèvre éclate, rouge,

A la flamme du haut flambeau;

Et tu sembles, dans l'air nocturne,

Dure et fatale comme l'urne

Impénétrable d'un tombeau.