Dieux! qui me destinez une mort si cruelle

Lully, Jean-Baptiste

Dieux! qui me destinez une mort si cruelle

Hélas! pourquoy flattiez-vous

De l'espoir d'un destin si doux?

Vous dont je tiens la vie

Et vous peuple fidele,

Jouissez parmi vous d'une paix éternelle,

Je vais fléchir les dieux irrités contre vous.

Et si ma mère est criminelle,

C'est moi qui dois calmer le céleste courroux!

Par le sang que j'ai reçu d'elle,

Heureuse de périr pour le salut de tous.

Un souvenir charmant qu'en mourant je rappelle.

Les appas, les douceurs d'une amour maternelle

Sont de mon triste sort les plus terribles coups.

Le fils de Jupiter eut été mon époux!

Ah! que mas vie eut été belle!

Dieux! qui me destinez une mort si cruelle

Hélas! pourquoi me flattiez-vous

De l'espoir d'un destin si doux?