Ce beau jour ne permet qu’à l’Aurore

Lully, Jean-Baptiste

Ce beau jour ne permet qu'à l'Aurore

De s'occuper à répandre des pleurs.

Que d'éclat! que de vives couleurs!

Mille fleurs vont éclore;

Tout charme nos cœurs;

Il naîtra plus encore

D'Amours que de fleurs.

L'Amour plaît, je consens qu'il m'enchante

Lorsqu'il suivra les Ris et les Jeux;

Mais s'il me tourmente

Je romprai ses nœuds.

Un amant qui toujours soupire

Doit alarmer.

Ce n'est que pour rire

Qu'on doit former

Le dessein d'aimer.

Jeunes cœurs qui cherchez à vous rendre,

N'aimez pas tant;

Un amour trop tendre

N'est jamais content.

Puisqu'il faut qu'une chaîne vous lie,

Ne faut-il pas choisir un nœud charmant?

Moquons-nous de souffrir constamment;

On doit rendre la vie

Plus douce en aimant,

Ce n'est qu'une folie

D'aimer son tourment.

L'Amour plaît, je consens qu'il m'enchante

Lorsqu'il suivra les Ris et les Jeux;

Mais s'il me tourmente

Je romprai ses nœuds.

Un amant qui toujours soupire

Doit alarmer.

Ce n'est que pour rire

Qu'on doit former

Le dessein d'aimer.

Jeunes cœurs qui cherchez à vous rendre,

N'aimez pas tant;

Un amour trop tendre

N'est jamais content.