Noël

Massenet, Jules

Noël!

En voyant dans ses langes

L'enfant radieux que tu fus,

On m'a raconté que les anges

Ont cru voir renaître Jésus.

De l'azur déchirant les toiles,

Ils volèrent du fond des cieux!.

A leur front portant des étoiles,

Des fleurs dans leurs bras gracieux!

Devant ton seuil fermant leur aile,

Ils chantèrent si doucement,

Qu'on eût dit une tourterelle

Qui soupire après son amant.

Et le long de ta porte close,

Ils couchèrent, en s'en allant,

Le cœur entr'ouvert d'une rose,

L'urne penchante d'un lys blanc.

On les porta près, de ta couche,

Sans savoir qui te les offrit!

La rose resta sur ta bouche

Et sur ton sein le lys fleurit!...

Moi, je ne suis que l'humble pâtre

Après les anges et les rois,

Qui vient s'agenouiller à l'âtre,

Une fleurette entre les doigts;

Prend-la ce pendant, car peut-être

Tout souvenir nous vient du ciel.

Et, dans ce jour qui te vit naître,

C'est mon cœur qui chante

Noël! Noël!