Placet futile

J. Robert

J'ai longtemps rêvé d'être, ô duchesse, l'Hébé

Qui rit sur votre tasse au baiser de ter lèvres;

Mais je suis un poëte, un peu moins qu'un abbé,

Et n'ai point, jusqu'ici, figuré sur le Sèvres.

Puisque je ne suis pas son bichon embarbé,

Ni ton bonbon, ni ton carmin, ni tes jeux mièvres,

Et qu'avec moi pourtant vous avez succombé,

Blonde dont les coiffeurs divins sont les orfèvres,

Nommez-nous... - vous de qui les souris framboisés

Sont un troupeau poudré d'agneaux apprivoisés

Qui vont, broutant les coeurs et bêlant aux délires,

Nommez-nous... - et Boucher sur un rose éventail

Me peindra, flûte aux mains, endormant ce bercail,

Duchesse nomme-nous berger de vos sourires.