Dahir Nata
J. Vincent
Si tu veux la connaître, écoute
Ce qu'on dit de Daï-Natha;
Pour la regarder, sur sa route,
Un jour, le Soleil s'arrêta.
Elle dormait, la belle fille,
Et nous vîmes, à son réveil,
Sur son front, où la grâce brille,
Un baiser couleur de soleil.
Sur ces fraîches rives,
Où croit le palmier,
Le roi des Maldives
L'aima le premier.
Jamais Dieu n'en fit de plus belle!
Daï-Natha, trésor d'amant,
Prête ses pieds à la gazelle,
Et ses rayons au firmament.
Il faut la voir avec ses charmes
Qui sont le paradis des yeux:
Quand elle pleure, on a des larmes;
Quand elle rit, on est joyeux.
Sous un ciel que dore
Un soleil fécond,
Le roi du Mysore
L'aima le second.
Quand aux collines du Mysore
Les étoiles d'or ont pâli;
Quand le palmier dit à l'aurore
Le premier chant du bengali,
Moi, je dis aux forêts profondes
Le premier chant de mon amour,
Et le dernier, quand sous les ondes
La nuit d ébène éteint le jour.
Tous deux sur leur trône
L'aimèrent deux jours,
Et moi, sans couronne,
Je l'aime toujours!