La lampe
K. Sorabji
Une certaine nuit, mon ami pénétra dans ma demeure.
Je me levai avec une telle promptitude, que ma lampe tomba.
Mon ami m'accabla de reproches, disant:
— Pourquoi, dès que tu m'as aperçu, as-tu éteint la lampe?
Je répondis: — J'ai cru que le soleil s'était levé …
J'ai vu en songe celui dont la beauté
illuminerait la nuit la plus obscure.
À mon réveil, j'ai pensé:
« D'où me vient ce bonheur? »
Si un fâcheux se place
devant ta lampe, bondis et tue-le!
Mais si, au contraire, le nouveau
venu a des lèvres de miel
et un sourire aussi doux que le sucre,
saisis-le par le bras et éteins la lampe.