Brodeuses
L. Aubert
Les mains lentes sous la lampe
Jouant avec les reflets
Tressent d'invisibles guirlandes
De songeries et de regrets.
La dentelle des brodeuses
Enlace leurs âmes aussi,
Et dénoue une trame heureuse
En fleurettes de souci.
Vers une fenêtre endormie
Sous la lune du clair jardin
Voltigent les câlines mains
Sous la lampe épanouie,
Et leur fragile volonté
Croise d'un jeu soudain tragique
Le fil d'anciennes destinées
Sur leurs ongles ironiques.