En regardant vers le pays de France

L. Nicolaou

En regardant vers le païs de France,

Ung jour m'avint, à Dovre sur la mer,

Qu'il me souvint de la doulce plaisance

Que je souloye où-dit païs trouver.

Si commençay de cueur 'à souspirer,

Combien certes que grant bien me faisoit

De veoir France, que mon cueur amer doit.

Je m'avisay que c'estoit non sçavance

De tells soupirs dedens mon cueur garder,

Veu que je voy que la voye commence

De bonne paix, qui tous bien peut donner.

Pour ce tournay en confort mon penser:

Mais non pourtant mon cueur ne se lassoit

De veoir France, que mon cueur amer doit.

Alors chargeay en la nef d'espérance

Tous mes souhaitz, en les priant d'aler

Oultre la mer, san faire demourance,

Et à France de me recommander.

Or, mous doint Dieu bonne paix sans tarder;

Adonc auray loisir, mais qu'ainsi soit,

De veoir France, que mon cueur amer doit.

Envoi

Paix est trésor qu'on ne peut trop louer,

Je hé guerre, point ne la doit priser;

Destourbé m'a longtemps, soit tort ou droit,

De veoir France, que mon cueur amer doit.