Appareillage
L. Ponse
Le flot clapote, un homme auprès de nous chantonne,
Des voiles passent comme un vol d'oiseux blessés.
O phare, ô port! Demain nous vous aurons laissés
Fuyant derrière nous
Sous la mer qui moutonne...
Vois déja près du môle, au soleil froid d'automne,
Notre vaisseau halé par les haleurs lassés.
Ils tirent pas à pas, et leurs chants cadencés
Font un thrène d'adieux lointain et monotone...
Car tout déjà parle d'adieux!
Des matelots
Dans les vergues, bercés sur le péril des flots,
Hissent la voile avec un cri mélancolique;
Et triste comme les adieux, de toute part
Flotte dans l'air humide et le soleil oblique
Le vent qui gonflera nos voiles, au départ.