Les faux beaux jours
L. Vierne
Les faux beaux jours ont lui tout le jour, ma pauvre âme,
Et les voici vibrer au cuivre du couchant.
Ferme les yeux, pauvre âme, et rentre sur-le-champ:
Une tentation des pires. Fuis l'infâme.
Ils ont lui tout le jour en longs grêlons de flammes,
Battant toute vendange aux collines, couchant
Toute moisson de la vallée, et ravageant
Le ciel tout bleu, le ciel chanteur qui réclame.
Ô pâlis, et va-t'en, lente et joignant les mains.
Si ces hivers allaient manger nos beaux demains?
Si la vieille folie était encore en route?
Ces souvenirs va-t-il falloir les retuer?
Un assaut furieux, le suprême sans doute!
Ô, va prier contre l'orage, va prier.