Le cavalier

M. Bertrand

Le vent d'automne secoue les arbres,

la nuit est humide et froide;

enveloppé d'un manteau gris,

je traverse à cheval le bois.

Et tandis que je chevauche,

mes pensées galopent devant moi;

elles me portent léger et joyeux

à la maison de ma bien-aimée.

Les chiens aboient, les valets paraissent

avec des flambeaux;

je gravis l'escalier de marbre

en faisant retentir mes éperons sonores.

Dans une chambre garnie de tapis

et brillamment éclairée, au milieu

d'une atmosphère tiède et parfumée, ma bien-aimée m'attend.

Je me précipite dans ses bras.

Le vent murmure dans les feuilles,

le chêne chuchote dans ses rameaux:

« Que veux-tu, fou cavalier,

avec ton rêve insensé? »