Les volets sont fermés. Voici qu'elle repose
M. Emmanuel
Les volets sont fermés. Voici qu'elle repose
Dans l'endormante odeur de l'éther des roses.
Autour des mains on a noué son chapelet;
C'est bien la même chambre où sa voix m'appelait
Qui maintenant la garde morte!...
Ô chair dont je suis né, chair maternelle et sainte,
Va retrouver nos morts: je te livre sans crainte
Au tombeau, car au dernier jour tu surgiras.
Je te reconnaîtrai! Tu me tendras les bras!
Je presserai contre mon coeur ta nième argile
Oui, la même, transfigurée, heureuse, agile,
Libre des lois de la pesanteur et du temps.
Et nous taisant comme autrefois, nous écoutant,
Nous sentirons brûler notre extase fervente
Dans ta splendeur sans ombre, ô trinité vivante.