Douce rupture

M. Patry

Si demain vous passez sur la route poudreuse

Et que vous m'attendiez encor sur le vieux banc,

Ah! ne prolongez pas votre attente amoureuse;

Pardonnez-moi vos pleurs, calmez votre tourment...

Ô vous que j'adorais, ma suprême espérance!

Je dois me séparer de vous, et sans rancœur,

Car le monde n'admet nulle autre convenance

Que celle qu'il chérit, mais ne vient pas du cœur!

Puisqu'il nous faudra vivre éloignés l'un de l'autre,

Alors nous subirons le sort des opprimés.

Dont l'ardente blessure est pareille à la nôtre:

Faisant souffrir par fois, ne guérissant jamais!