Sommeil

M. Pollet

Je me rappelle ce matin de Damas

et le silence du jardin où tu sommeillais.

L'ombre de ton cou était bleue.

Tes seins se soulevaient et s'abaissaient

avec un rythme de source.

Tes bras, à l'abandon,

étaient deux ruisseaux d'argent sur l'herbe,

et des papillons se posaient sur tes ongles,

les prenant pour des roses.

A ce moment, dans les Jardins du Paradis,

mon père contemplait-il des vierges plus splendides?

Je me suis étendu près de toi,

comme un mendiant près d'une mosquée.