Le divin Bouvier

M. Roesgen-Champion

Le divin Berger des monts de Phrygie

Goûte, les yeux clos, l'éternel sommeil;

Et de son beau corps, dans l'herbe rougie,

Coule un sang vermeil.

En boucles de lin, sur la pâle joue

Qu'enviaient les fruits honneur des vergers,

Tombent, du réseau pourpré qui les noue,

Ses cheveux légers.

Voici Kythèrè, l'Amante immortelle,

Qui gémit et pleure auprès du Bouvier.

Les Eros chasseurs tiennent devant elle

Le noir Sanglier;

Lui, pour expier d'amères offenses,

D'un autel qui fume attisant le feu,

Consume et punit ses blanches défenses

D'avoir fait un Dieu.