Nuit devant la mer

Nérini

Tous deux, naguère, assis la nuit sur ce rivage,

Nous écoutions pleurer les harpes de la mer:

La mer bondit ce soir, amoureuse, sauvage;

Flots qui hurlez, mon cœur comme vous est amer!

C'est comme un bruit sans fin de sanglots et de râles,

Les grands flots vers le ciel montent désespérés:

Et la lune et la mer s'attirent et sont pâles,

Ainsi que deux amants que l'on a séparés.