Le deuil au cœur

Nordi

J'ai beau vouloir aimer, j'ai beau vouloir revivre;

L'affreuse lassitude en moi met sa langueur.

Et rien ne la secoue et rien ne me délivre,

Je dois pleurer toujours, car j'ai le deuil au cœur.

Je sens comme à travers la funèbre tenture

Je ne sais quoi de mort y dormir lourdement.

Et je reste à genoux près d'une sépulture

Et je passe ma vie à ce recueillement.

Mon cœur ne verra pas comme Marie et Marthe

Celui qu'il aime au fond du tombeau se mouvoir.

Et toujours ce grand deuil que nulle main n'écarte

Le couvre tout entier de son long crêpe noir.