Les jours qui ne sont plus !

O. Bouwens van der Boijen

Ces larmes, ces vaines larmes, je ne sais ce qu'elles veulent dire, —

ces larmes qui, des profondeurs d'un désespoir divin, —

jaillissent du cœur et s'amassent dans les yeux —

à la vue des heureuses campagnes automnales, —

à la pensée des jours qui ne sont plus.

Frais comme le premier rayon flamboyant sur la voile —

qui nous ramène nos amis du pays d'outre-mer; —

tristes comme le dernier rayon rougeoyant sur la voile —

qui sombre avec tout ce que nous aimons; —

aussi tristes et aussi frais, les jours qui ne sont plus! —

Oh! tristes, étranges comme, dans une aube obscure, —

le gazouillement des oiseaux qui s'éveillent —

l'est pour l'oreille d'un mourant, —

lorsque aux yeux du mourant la fenêtre, avec lenteur, devient un carré pâle; —

aussi tristes, aussi étranges, les jours qui ne sont plus.

Chers comme les baisers rappelés après la mort, —

doux comme ceux qu'une imagination sans espoir —

rêve de prendre sur des lèvres qui sont pour d'autres; profonds comme l'amour, —

comme le premier amour, et farouches de regrets; —

ô Mort dans la Vie, les jours qui ne sont plus!